Mo : " Les patrons considèrent les travailleurs comme des numéros ! "

L’accord de coalition fédéral du gouvernement de l’Arizona contient plusieurs mesures relatives aux soins de fin de carrière. Nous avons interrogé notre délegué Mo à ce sujet.

Bonjour Mo, peux-tu te présenter ?

J’ai 48 ans et je suis opérateur de production dans l’entreprise Sanofi. Je travaille en feu continu, cela signifie que je preste en alternance le matin, l’après-midi et la nuit, et que mon entreprise est en activité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Au sein de l’entreprise, j’ai aussi une mission syndicale : je représente les collègues au Conseil d’entreprise et au Comité pour la prévention et la protection au travail.

Peux-tu nous en dire plus sur ton entreprise ?

Sanofi est une entreprise active dans tous les domaines de l’industrie pharmaceutique : enregistrement, commercialisation et distribution de médicaments, recherche et le développement, production de produits biologiques, … L’entreprise possède plusieurs sites en Belgique. Je travaille sur le site de Geel.

Que penses-tu des mesures sur les fins de carrières annoncées par le gouvernement fédéral ? Auront-elles des conséquences sur ta situation professionnelle ?

Je trouve les mesures désastreuses : suppression des RCC, conditions plus strictes pour accéder au crédit-temps fins de carrières, réduction de la pension, …

Elles sont désastreuses parce qu’on ne sort pas indemne du travail en équipes et de nuit Lorsque tu es jeune, les premières années e travail ne te pose pas de problème, mais au bout d’un certain temps, cela te pèse sérieusement. Il est impossible de conserver ce rythme pendant plus de vingt ans. Après un tel parcours, il faut pouvoir compter sur une fonction moins lourde. Je me demande pourquoi le gouvernement veut nous rendre l’accès au crédit-temps et à la pension plus difficile. En tant que travailleurs en équipes et de nuit, nous avons besoin de perspectives réalistes nous permettant de partir en pension ou, tout simplement, de ralentir le rythme. L’accord de gouvernement contient tout le contraire ! Ils ne nous considèrent pas comme des êtres humains mais comme des chiffres. Face à de telles décisions, nous devons défendre nos droits et réagir collectivement.

Te vois-tu travailler jusque 67 ans ?

Travailler jusque 67 ans est tout simplement impossible car le travail en feu continu est beaucoup trop lourd. Je veux travailler le plus longtemps possible mais m’arrêter lorsque je le déciderai.

Et qu’en pensent tes collègues ?

La question des fins de carrières est importante chez nous. Non seulement pour ceux qui travaillent en équipes et de nuit, mais aussi pour les collègues qui travaillent en journée. Les mesures annoncées par le gouvernement nous donnent l’impression que notre carrière professionnelle est prolongée aveuglément et indéfiniment. Ils ne tiennent pas compte de nous. De son côté, notre employeur évite les discussions. Il nous dit qu’il ne peut rien faire parce qu’il s’agit de décisions politiques. Sans mesures d’accompagnement, les travailleurs qui ne peuvent plus faire face au rythme seront contraints de quitter l’entreprise

Selon toi, quelles sont les mesures qui devraient être prises en matière de fins de carrières ?

Tout d’abord, les travailleurs doivent être respectés par un salaire à la hauteur de l’effort qu’ils fournissent. Ensuite, si un collègue n’est plus en mesure de maintenir le rythme de travail ou les mêmes heures de travail, il faut lui proposer une autre fonction sans impact majeur sur son salaire. Troisièmement, il reste des défis à relever dans le cadre d’un plan pour l’emploi CCT 104. Toute personne âgée de plus de 55 ans devrait avoir droit à 4/5e d’heures de travail. Les personnes qui ne peuvent plus travailler de nuit devraient avoir droit à un système à deux équipes, dans lequel les tâches de nuit peuvent être effectuées dans les équipes de matin et après-midi. Le congé lié au l’âge pourrait être introduit pour les plus de 45 ans. C’est important de pouvoir accéder sereinement à la pension. Il faut adapter le travail aux travailleurs et non l’inverse ! Enfin, l’âge du départ à la retraite ne peut pas être sans cesse repousser. Il faut tenir compte des conditions de travail que nous rencontrons au quotidien dans les entreprises.

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